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1. Le suicide
chez les adolescents
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Les particularités de l'adolescence

Une partie importante des informations présentées dans cette section sont tirées du document suivant: Chagnon, Houle et Renaud (2002). Que savons-nous des éléments pouvant influencer le processus suicidaire chez les adolescents? Projet d'intervention concertée sur le suicide chez les jeunes en difficulté à Montréal.

Cognitif Selon la théorie de Piaget (Meece, 2002):

  • atteinte du stade des opérations mentales formelles (pensée abstraite et complexe, logique hypothético-déductive);
  • capacité à comprendre les concepts de probabilité et de proportion, et à générer plusieurs hypothèses pour s'expliquer le monde qui les entoure;
  • des écarts importants existent quant à l'âge d'acquisition de ces compétences.
Émotif et social Sur le plan émotif (Meece, 2002):
  • meilleures habiletés pour comprendre et exprimer leurs émotions;
  • plus grande capacité d'introspection;
  • plus critiques et conscients de ce qu'ils sont en tant qu'individus;
  • rapportent aussi plus souvent des sentiments de solitude, de frustration et de rage que les plus jeunes (besoins grandissants d'autonomie et d'indépendance allant à l'encontre des attentes et directives des figures d'autorité en place);
  • plus de symptômes de dépression (davantage les filles) que chez les plus jeunes.

Le contrôle de soi (Meece, 2002):
  • capacité à contrôler leur frustration par de méthodes plus diversifiées (recadrage cognitif, se raisonner, évaluer les conséquences de leurs actes).
La formation de l'identité (Erikson, 1968):
  • selon Erickson, la formation de l'identité professionnelle, amoureuse et idéologique est la principale tâche développementale des adolescents.
    Les niveaux de conscience sociale (Selman (1980), adapté par Meece (2002)):
  • [entre 10 et 15 ans]: capable de concevoir et de comprendre comment les parents, professeurs ou amis conçoivent son point de vue et celui de ses pairs tant dans leurs différences que dans leurs similitudes.
  • [à 12 ans et plus]: peuvent comprendre que l'opinion d'un parent en regard des drogues est influencé par ses croyances, ses valeurs, sa génération et les normes sociales.
    La conscience des autres cultures
    (Quintana (1998), cité par Meece (2002 p.443):
  • [entre 10 et 14 ans]: attention portée aux différences ethniques et à leurs conséquences; établissement de liens d'amitié avec des jeunes qui ont des traits culturels similaires.
  • [à 14 ans et plus]: développement d'une conception des différents groupes ethniques, qui peut mener à une catégorisation culturelle stéréotypée et à un point de vue ethnocentrique.
    Les relations interpersonnelles (Meece, 2002):
  • [entre 10 et 14 ans]: regroupement en petit groupe homogène de 6 à 9 personnes; préoccupations par rapport à la popularité et désir de conformité.
  • [entre 14 et 20 ans]: regroupement plus complexe et hétérogène; l'intérêt envers le sexe opposé augmente, plus grande recherche d'intimité, de révélation de soi et de proximité affective dans les relations amicales; le désir de conformité diminue.

Moral Atteinte du stade de raisonnement moral conventionnel (Kolhberg (1969), adapté par Meece (2002, p.466)):
  • capacité à accepter et à obéir aux lois et règles établis sans la présence de punition ou de récompense à la suite du comportement affiché.
  • agissent ainsi principalement en vue de plaire aux autres (surtout aux figures d'autorité) et pour être bien acceptés socialement.
  • les plus âgés (16 ans et plus) ont la capacité d'obéir aux lois par devoir (la loi c'est la loi), pour respecter les règles et bien remplir leur rôle social (indépendamment de l'approbation d'autrui).

La période de l'adolescence n'est pas nécessairement vécue de la même manière par tous; certains traverseront ces années qui séparent le monde de l'enfance du monde des adultes sans grand problème, tandis que d'autres peuvent vivre difficilement cette période. Bien que les changements cités précédemment soient normaux, ils peuvent provoquer des degrés différents d'angoisse et d'anxiété, selon le jeune, et le rendre plus vulnérable au suicide. Il faut demeurer prudent et ne pas tomber dans le piège de la normalisation de la détresse et du mal être chez le jeune.

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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008