Accueil




1. Le suicide
chez les adolescents
> ACCUEIL > Thème 1 > Partie 2

» » » PARTIE 2

Ampleur du phénomène du suicide chez les adolescents au Québec:
quelques chiffres.

  • Entre 1976 et 2000, on estime que le suicide chez les adolescents âgés entre 15 et 19 ans a augmenté de près de 100 % avec des taux allant de 9,7 à 18,2 pour 100 000 (Saint-Laurent et Bouchard, 2004). Toutefois, des données récentes font état d’un revirement de la situation avec une diminution du taux de suicide de près de 50 % entre 2000 et 2007. Le groupe âgé entre 15 et 19 ans serait celui qui enregistre la plus forte diminution du taux de suicide si les données provisoires de 2006 et 2007 se confirment (Gagné et St-Laurent, 2009).;

  • Même si le taux de décès par suicide est nettement plus élevé chez les adultes que chez les adolescents, le suicide constitue la deuxième cause de mortalité chez les jeunes québécois. En 2006, il représentait 16,5  % de l’ensemble des décès chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans (Institut de la Statistique du Québec, 2009) ;

  • Les décès par suicide sont plus fréquents chez les garçons que chez les filles (taux de 14,5/100 000 comparativement à 3,0/100 000) (Gagné et St-Laurent, 2009), mais les filles présenteraient un taux deux fois supérieur aux garçons pour ce qui concerne les tentatives de suicide (221,0/100 000 comparativement à 87,0/100 000 en 1998-99) (Langlois et Morrison, 2002). Des données plus récentes sur les tentatives de suicide seraient toutefois nécessaires pour mieux rendre compte de la situation actuelle.

 

La diminution graduelle du suicide chez les jeunes québécois depuis 2000 concorde avec ce qui était déjà observé quelques années auparavant dans d’autres pays tels que les États-Unis et l’Angleterre (Bursztein et Apter, 2008). Différentes hypothèses explicatives sont proposées bien que, à ce jour, les données disponibles ne permettent pas hors de tout doute de les appuyer ou de les rejeter. Bien que non-exhaustives, ces explications se situent à divers plans tels qu’individuel, biomédical, socio-économique, social, etc. Citons notamment celle de l’augmentation de la prescription d’antidépresseurs (Gould et al., 2003; Gibbons et al., 2007 ), celle d’un meilleur contrôle des moyens pour se suicider (Biddle et al., 2008; Gunnell et al., 2007) ou celle de la diminution de la prévalence de certains facteurs de risque tels que le chômage et le divorce (Biddle et al., 2008). Certains proposent même que, dans le cas du Québec, cette baisse pourrait être tributaire de la fin du modèle traditionnel industriel dans lequel les jeunes hommes étaient enfermés (Tremblay, 2007). Notons également l’amélioration des services et de la concertation entre les services qui ont fait l’objet d’efforts importants dans les dernières années au Québec, entre autres par l’instauration d’un numéro 1-800 visant à faciliter l’accès aux services ou bien par la formation des intervenants à travers la province par les centres de prévention du suicide. Des études complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre ce phénomène et cerner, le cas échéant, les actions de prévention ou les interventions les plus efficaces pour diminuer le suicide et les comportements suicidaires.


Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008