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1. Le suicide
chez les adolescents
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» » » PARTIE 3

Quels sont les facteurs associés au suicide chez les adolescents ?

» » 3.1- Les événements de vie comme facteur de vulnérabilité

» 3.1.1- Les pertes parentales précoces

  • La séparation d’avec un ou les deux parents est un facteur de stress familial qui augmente le risque de comportements suicidaires chez les adolescents (Adam et al., 1982; Beautrais et al., 1996; Spirito et al., 1989b), que ce soit par une influence directe (Brown, 1985) ou par la perte conséquente du soutien social (Pfeffer, 1989).

  • Toutefois, il ne semble pas y avoir de lien unique et direct entre les pertes familiales précoces et le suicide puisqu’il n’y a pas de différence entre des groupes d’adolescents suicidaires et des groupes d’adolescents présentant des troubles psychiatriques non suicidaires par rapport aux pertes familiales (Brent et al., 1998; King et al., 1995).
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» 3.1.2 - La violence, les abus sexuels et les abus physiques dans l'enfance

  • L’exposition à la violence familiale se retrouve souvent chez les adolescents suicidaires alors qu’elle est moins fréquente chez les adolescents non suicidaires (Spirito et al., 1989b).

  • Des résultats d’études suggèrent que la présence de troubles mentaux, en particulier les troubles d’abus et de dépendance (Marttunene et al., 1994) aggraverait l’impact de l’exposition à la violence familiale sur les comportements suicidaires (Beautrais et al., 1996) tandis que d’autres études suggèrent que le fait d’avoir vécu de l’abus et de la négligence serait suffisant en soi pour augmenter le risque de suicide même si l’on tient compte de la dépression (Grilo et al., 1999), du désespoir et d’autres épreuves vécues dans l’enfance (Martin et al., 2004; Molnar et al., 2001

  • Les adolescents dont un parent a vécu de l’abus sexuel dans l’enfance, et non de l’abus physique, seraient plus à risque de comportements suicidaires (tentatives). Ils sont également plus à risque d’avoir été eux-mêmes abusés sexuellement, de souffrir d’un trouble de stress post-traumatique et de démontrer des niveaux élevés d’impulsivité (Brodsky et al., 2008).

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» 3.1.3- Intimidation par les pairs et taxage

  • Depuis quelques années, des études s’intéressent au lien entre suicide et phénomène d’intimidation par les pairs à l’école. À l’heure actuelle, les résultats suggèrent qu’autant les victimes que les agresseurs seraient à risque plus élevé d’idéations suicidaires (Roland, 2002 ) et de tentatives de suicide (Brunstein et al., 2007; Luukkonen et al., 2009) comparativement à des jeunes non concernés par ce phénomène.

  • L’impact du phénomène d’intimidation sur les comportements suicidaires des jeunes pourrait toutefois être médiatisé par d’autres facteurs (King et Merchant, 2008), tels que la dépression et les troubles de conduite (Klomek et al., 2009) et ce, surtout chez les garçons (Luukkonen et al., 2009; Klomek et al., 2009).

  • Le lien entre idéations et tentatives de suicide et orientation sexuelle serait médiatisé par le fait d’avoir vécu de l’intimidation dans l’enfance et l’adolescence chez les jeunes adultes gais (Friedman et al, 2006 )

  • Le fait d’avoir été victime d’intimidation dans l’enfance est lié à un risque plus élevé de tentatives et décès par suicide à l’âge adulte (Klomek et al., 2009).

  • Jusqu’à maintenant, les études ont plutôt porté sur l’impact du bullying, qui regroupe un ensemble de comportements d’agression et d’intimidation par les pairs, sur les comportements suicidaires. Toutefois, le phénomène plus spécifique de taxage a pris de l’ampleur dans les dernières années et suscite des questionnements quant à son impact possible sur le comportements suicidaires des jeunes, dont notamment en tant que facteur précipitant du suicide. Cette hypothèse devrait toutefois faire l’objet d’études futures.

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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008