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1. Le suicide
chez les adolescents
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Les implications pour la pratique

  • Les interventions en prévention du suicide visant à traiter les troubles mentaux doivent non seulement cibler le traitement de la psychopathologie, mais aussi les difficultés de vie, les événements stressants et les impasses relationnelles qui contribuent à la souffrance et au désespoir des adolescents.

  • Dans un objectif de prévention du suicide, les intervenants devraient être attentifs non seulement aux adolescents qui présentent des indices de dépression, mais également à ceux qui ont des troubles extériorisés (troubles de conduites, abus ou dépendance à l’alcool et aux drogues, difficultés de vie chroniques, agression envers les autres jeunes et taxage), qui sont souvent estimés à tort comme protégés du suicide parce qu’ils extériorisent leurs difficultés et leur souffrance.

  • L’intoxication par les drogues ou l’alcool est très fréquente chez les adolescents décédés par suicide et pourrait agir comme facteur précipitant le suicide. Il est important de dépister et de traiter, par des programmes appropriés, les adolescents présentant un problème d’abus ou de dépendance à ces substances.

  • Des événements de vie négatifs et récents (ex.: perte relationnelle, suspension de l’école) sont souvent notés chez les adolescents dans les semaines ou les jours précédant leur suicide, et interviennent alors comme déclencheurs du passage à l’acte. Il est important d’identifier et prévenir les situations stressantes qui augmentent le risque de comportements suicidaires, ou de tenter de réduire le degré de stress associé à ces situations.

  • La capacité des adolescents à s’adapter aux événements stressants et aux difficultés de la vie est un élément en cause dans le processus suicidaire. Des interventions visant à améliorer les mécanismes d’adaptation des adolescents afin de s’adapter aux événements de vie difficiles sont l’un des volets importants des stratégies de prévention du suicide. Il serait donc important de mettre en place et d’évaluer des programmes visant à renforcer les habiletés d’adaptation aux situations stressantes, et de gestion de l’agressivité et de l’impulsivité chez cette clientèle.

  • Lorsqu’un adolescent fait une tentative de suicide, il devient à risque élevé de suicide, indépendamment de l’intentionnalité et de la létalité de son geste. Toutefois, les adolescents qui ont fait une tentative de suicide qui a sérieusement mis en danger leur vie (forte létalité), de même que ceux qui étaient animés d’un fort désir de mourir au moment de leur geste et dont le désir persiste après la tentative, sont encore plus sujets à décéder par suicide. La présence d’une tentative de suicide est un indice très important pour le dépistage des adolescents à risque de suicide. Les intervenants auprès des adolescents devraient être actifs afin de vérifier si les adolescents dont ils ont la charge ont des antécédents suicidaires et, dans l’affirmative, s’assurer qu’une évaluation plus poussée de la situation du jeune soit faite.

  • Il y a autant d’adolescents qui communiquent leur intention avant de se suicider que d’adolescents qui s’en abstiennent. La communication de l’intention ne permet donc pas de discriminer ceux qui commettront le geste et ceux qui ne le feront pas. On doit TOUJOURS prendre au sérieux les verbalisations suicidaires des adolescents, MAIS ne pas se baser seulement sur ce critère pour évaluer le risque de suicide.

  • Les adolescents qui font de multiples tentatives se caractérisent souvent par une détresse chronique provoquée par un milieu familial instable et une histoire d’abus sexuels. Leur souffrance se manifeste par des troubles de l’humeur, des troubles anxieux, l’abus d’alcool, des troubles des conduites ou de la délinquance. On ne devrait en aucun moment minimiser le sérieux des intentions suicidaires d’un jeune en se basant sur le fait qu’il a déjà fait plusieurs tentatives de suicide. Une évaluation clinique de la situation du jeune et de son état mental est essentielle afin de juger de son risque suicidaire.
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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008