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2. Le suicide
chez les hommes
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Ampleur du phénomène au Québec : quelques chiffres.

  • Entre 1976 et 2000, on estime que le suicide chez les hommes a augmenté d’environ 40 %, tandis que le taux chez les femmes est demeuré stable (Saint-Laurent et Bouchard, 2004).). Toutefois, depuis le début des années 2000, on constate une diminution graduelle des décès par suicide chez les hommes (voir Figure 1). Une tendance également observée chez les femmes, mais de manière moins marquée (Gagné et St-Laurent, 2009).

  • Encore aujourd’hui, malgré cette diminution notable du nombre de décès par suicide chez les hommes, 80 % des suicides sont commis par eux (Gagné et St-Laurent, 2009).

  • Cette surmortalité par suicide des hommes est observée dans l’ensemble des pays du monde, à l’exception de la Chine où le taux de suicide des femmes est légèrement supérieur à celui des hommes (Organisation mondiale de la santé, 2008).

  • Le ratio de 4:1 constaté au Québec se compare à ce que l’on trouve à l’échelle internationale puisque le ratio global est de 3,5 : 1 (Organisation mondiale de la santé, 2001).

  • Il n’y a pas de différence dans les taux de tentatives de suicide (la tentative autorapportée, au cours des deux dernières années) entre les hommes et les femmes âgés de plus de 25 ans, mais à l’adolescence et au début de la vingtaine, ce taux est deux fois plus élevé chez les filles (Boyer et al., 2000; Hamel, 2001).

  • Toutefois, le taux d’hospitalisations pour tentatives de suicide est 1,4 fois plus élevé chez les femmes (Langlois et Morrison, 2002).

 

Tout comme pour les adolescents, la diminution graduelle notable du suicide chez les hommes québécois depuis 2000 concorde avec ce qui était déjà observé quelques années auparavant dans d’autres pays tels que les États-Unis et l’Angleterre (Bursztein et Apter, 2008). Différentes hypothèses explicatives sont proposées bien que, à ce jour, les données disponibles ne permettent pas hors de tout doute de les appuyer ou de les rejeter. Bien que non-exhaustives, ces explications se situent à divers plans tels qu’individuel, biomédical, socio-économique, social, etc. Citons notamment celle de l’augmentation de la prescription d’antidépresseurs (Gould et al., 2003; Gibbons et al., 2007), celle d’un meilleur contrôle des moyens pour se suicider (Biddle et al., 2008; Gunnell et al., 2007) ou celle de la diminution de la prévalence de certains facteurs de risque tels que le chômage et le divorce (Biddle et al., 2008). Certains proposent même que, dans le cas du Québec, cette baisse pourrait être tributaire de la fin du modèle traditionnel industriel dans lequel les jeunes hommes étaient enfermés (Tremblay, 2007). Notons également l’amélioration des services et de la concertation entre les services qui ont fait l’objet d’efforts importants dans les dernières années au Québec, entre autres par l’instauration d’un numéro 1-800 visant à faciliter l’accès aux services ou bien par la formation des intervenants à travers la province par les centres de prévention du suicide. Des études complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre ce phénomène et cerner, le cas échéant, les actions de prévention ou les interventions les plus efficaces pour diminuer le suicide et les comportements suicidaires.


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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008