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2. Le suicide
chez les hommes
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Comment peut-on atteindre les hommes et intervenir en prévention du suicide?

» » 4.1- Atteindre les hommes en détresse

L’un des principaux défis à relever en matière de prévention du suicide est d’atteindre les hommes, puisqu’ils utilisent peu les ressources d’aide. Depuis le lancement de la Stratégie d’action face au suicide en 1998, plusieurs régions du Québec ont décidé de s’attaquer à ce problème. Leurs efforts ont donné naissance à plusieurs stratégies novatrices qui nous apparaissent suffisamment prometteuses pour être rapportées ici. Malheureusement, peu d’entre elles ont été évaluées jusqu’à maintenant de sorte que leur efficacité reste à démontrer.

 

Les programmes de sentinelles et de pairs aidants en milieu de travail

Afin de mieux atteindre les hommes en détresse, il importe d’agir dans des environnements où ils sont nombreux et qu’ils fréquentent régulièrement. Les milieux de travail typiquement masculin (usines, chantiers, etc.) sont à cet égard des sites extrêmement stratégiques.
Plusieurs régions ont implanté des programmes de sentinelles ou de pairs aidants dans ces milieux, stimulant ainsi le repérage, le soutien et la référence des hommes en détresse. La collaboration des syndicats se révèle un ingrédient essentiel au succès d’une telle entreprise. Les sentinelles et les pairs aidants pourraient jouer un rôle particulièrement crucial chez les hommes qui n’ont pas de conjointe pour valider leur besoin d’aide et les inciter à consulter des personnes-ressources (Dulac, 1997).

À cet effet, le programme Acc / Sais Cible Homme de l’Organisme C.H.O.C. à Laval a été mis sur pied pour sensibiliser des gens susceptibles d’interagir avec des hommes suicidaires aux spécificités de la demande d’aide des hommes, notamment lorsque celle-ci est accompagnée d’agressivité. L’objectif étant de favoriser la référence des hommes suicidaires aux organismes appropriés. L’évaluation de ce programme (Plante et Daigle, 2009) a démontré une amélioration des connaissances envers la problématique suicidaire des hommes et de l’intention à référer à des ressources. Toutefois, les résultats sont plus limités en regard des changements d’attitudes envers les hommes suicidaires lorsqu’ils sont jugés agressifs.

 

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Interventions auprès des proches

Les hommes à haut risque de suicide utilisent peu les services d’aide que sont les lignes d’intervention téléphonique des centres de prévention du suicide ou des centres de crise. Toutefois, de nombreux proches (souvent des conjointes ou des mères) communiquent avec les CPS parce qu’ils sont inquiets à leur sujet. En intervenant auprès des proches, il est possible d’avoir un impact bénéfique auprès des hommes suicidaires qui n’auraient pas consulté eux-mêmes.
Quatre formes d’intervention auprès des proches ont été implantées et évaluées à Suicide Action Montréal et les résultats sont encourageants. L’évaluation montre qu’après l’intervention, les proches estimaient plus positivement la qualité de la communication avec l’homme suicidaire, vivaient moins de détresse psychologique et utilisaient davantage de mécanismes d’adaptation positifs, alors que les hommes étaient moins nombreux à penser au suicide et à faire des tentatives (Mishara et Houle, 2003; Mishara et al., 2005; cliquez ici pour plus d’information sur les Quatre types d’intervention auprès des proches). L’intervention auprès des proches permet également de consolider le filet de sécurité autour de l’homme suicidaire et de prévenir le découragement des proches, lequel a été identifié par Tousignant et Séguin (1999) comme étant un facteur de risque du suicide.

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Parrainage d’hommes toxicomanes

Cette stratégie vise à accroître la persévérance des hommes toxicomanes en réadaptation grâce à des aidants naturels formés. Elle a été développée, implantée et évaluée par le CPS du Saguenay/Lac-Saint-Jean. Les résultats obtenus sont prometteurs puisque ce programme semble avoir contribué à fournir une aide supplémentaire aux hommes toxicomanes et à augmenter leur soutien social, ce qui est un facteur important dans la persévérance au traitement et dans la diminution des idéations suicidaires (pour plus de renseignements, voir le rapport produit par : Centre de prévention du suicide 02, le Centre de réadaptation en alcoolisme et le Carrefour de santé de Jonquière, 2002). Toutefois, il faut mentionner que l’étude pilote n’a été effectuée qu’auprès de quatre hommes adultes.

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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008