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4. Évaluer le potentiel
suicidaire et gérer
la crise suicidaire
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Évaluer le potentiel suicidaire

» » 1.1- Qu’est-ce que le potentiel suicidaire?

Le potentiel suicidaire concerne à la fois le risque suicidaire et l’urgence suicidaire.

Aux États-Unis, l'Association américaine de suicidologie utilise la terminologie "suicide risk" (risque suicidaire) pour désigner le potentiel suicidaire et ne fait pas de distinction entre le risque et l'urgence. Cependant, au Québec, nous utilisons habituellement la définition adoptée par l’Association québécoise en prévention du suicide (AQPS) selon laquelle l’urgence suicidaire réfère à la probabilité qu’une personne se suicide dans les 48 heures. Cette probabilité est fonction de la crise actuelle et ne tient donc pas compte de l’histoire passée, ni des antécédents suicidaires de la personne. Elle peut varier grandement d’une journée à l’autre, d’heure en heure, et même au cours d’une intervention, d’où l’importance d’évaluer l’urgence au début et à la fin de l’intervention ou de la rencontre. Les facteurs à évaluer dans le cadre de l’urgence sont : la présence et la fréquence d’idéations suicidaires, la présence d’une planification (moyen, lieu, moment) ainsi que des indices plus immédiats qui influenceront la priorité de l'intervention tels que l'intention de passage à l'acte, la létalité et l'accessibilité au moyen. L'évaluation de l'urgence est couramment utilisée dans le cadre d’intervention de crise comme par exemple dans le cas d’intervention téléphonique. Jusqu’à maintenant, aucune étude n’a été effectuée pour démontrer l’efficacité de l’évaluation de l’urgence.

Le risque suicidaire serait quant à lui un pronostic fait pour une période de 2 ans (Litman et al., 1974; Lettieri et al., 1974; Morissette, 1984) et les facteurs associés à son évaluation sont multiples. De fait, le suicide est un phénomène complexe déterminé par l’interaction de plusieurs facteurs qui ne sont ni indépendants, ni exclusifs et qui se regrouperaient selon 3 grandes catégories (Ministère de la santé et des services sociaux, 1998):

  • les facteurs liés à l’individu
    • troubles mentaux (dont la dépression)
    • abus de substances (alcool et drogues)
    • présence de maladie physique
    • problèmes d’adaptation
  • les facteurs liés au milieu social
    • problèmes familiaux
    • antécédents suicidaires dans la famille
    • situation économique difficile
    • isolement social
  • les facteurs environnementaux immédiats ou les événements circonstanciels
    • décès d’un proche
    • perte d’emploi
    • séparation ou divorce
    • échec scolaire

Plusieurs outils ont été développés pour évaluer le risque suicidaire dont certains ont été l’objet d’études psychométriques (voir la prochaine section qui porte sur les Outils de dépistage et d’évaluation clinique du risque suicidaire).

 

  Pronostic Facteurs Évidences scientifiques
URGENCE
2 jours
  • présence d’idéations suicidaires
  • fréquence des idéations suicidaires
  • intention de passage à l’acte
  • présence d’un plan (comment, où et quand : COQ)
  • létalité et accessibilité au moyen
Jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’évidences empiriques quant à l’efficacité de ces outils (questionnaires ou grilles d’évaluation de l’urgence et de la dangerosité) pour prédire le suicide. Toutefois, ils sont composés de différents facteurs (ex. présence d’idéations suicidaires, troubles mentaux, abus de substances) pour lesquels leur relation avec le suicide est démontrée par les résultats de recherche.
RISQUE
2 ans
  • trouble mental
  • abus d’alcool et drogue
  • difficultés familiales
  • antécédents suicidaires familiaux
  • isolement
  • peu de mécanismes d'adaptation (coping) ou mécanismes inappropriés
  • etc.
Certaines études psychométriques ont été effectuées (voir la section des Outils d’évaluation du risque suicidaire)

 

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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008