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6. La postvention

PARTIE 1: Qu’est-ce que la postvention?
PARTIE 2: Quelles sont les stratégies de postvention les plus connues?
PARTIE 3: Efficacité des stratégies de postvention
PARTIE 4: Implication et défis
Bibliographie
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Quelles sont les stratégies de postvention les plus connues?


» » 2.1- Debriefing

****mise en garde***
À tort, le débriefing est parfois employé tous azimuts pour désigner, par exemple, une approche générique de ventilation (voir plus bas) ou même pour décrire toutes formes d’intervention utilisées en postvention. Ainsi, dans le langage populaire, et même dans les écrits, il y a parfois confusion dans l’utilisation du terme débriefing.

Théorie d’intervention – objectifs et effets désirés

Le débriefing a d’abord été conçu pour les gens qui sont en contact avec un événement traumatisant, sans en être les victimes directes, et dont la tâche consiste à assister les victimes (ex.: policier, ambulancier, personnel médical). Il permet aux personnes ayant été confrontées directement à un événement traumatisant de faire part de leurs réactions, de développer des stratégies d’adaptation afin de comprendre et de normaliser leur stress, et de se voir offrir d’autres ressources, pour celles qui en ont besoin (Spitzer et Burke, 1993). Son objectif est donc de prévenir l’apparition du trouble de stress post-traumatique (TSPT); cette technique ne peut se substituer à une thérapie. Dans le contexte de la problématique du suicide, en principe le débriefing ne devrait être utilisé qu’auprès des personnes qui ont été témoins du suicide (Séguin et al., 2004).

Technique et format

Le débriefing a été développé par Mitchell (1983) sous le nom de Critical Incident Stress Debriefing (CISD) et propose les étapes suivantes (tiré de McNally, 2004):

La phase d’introduction l’animateur explique que le débriefing n’est pas une thérapie et a pour but de soulager le stress causé par un incident critique
La phase des faits l’animateur demande à chaque participant de raconter ce qui s’est passé pour faire « revivre » l’incident
La phase de la pensée l’animateur demande à chaque participant de décrire ses pensées alors que se déroulait l’événement
La phase des émotions l’animateur demande à chaque participant de rassembler les émotions ressenties lors de l’événement; cette phase suppose que chaque participant a des sentiments qui doivent être partagés et acceptés pour être soulagés du traumatisme vécu
La phase des réactions l’animateur demande aux participants de partager avec le groupe toute réaction qui a découlé de l’événement
La phase d’enseignement l’animateur met l’emphase sur les réponses normales à une situation traumatisante et donne aussi des façons de gérer ce stress
La phase du retour l’animateur fait un résumé de ce qui s’est produit dans la session, donne des références à ceux qui en ont besoin

Le débriefing est généralement dirigé par deux animateurs de groupes pendant 2 à 3 heures et ne doit se dérouler au-delà d’une période de 24 à 72 heures après l’événement traumatisant. Il sera important d’offrir d’autres types d’intervention pour soutenir les personnes touchées dans cette épreuve. Rose, Bisson et Wessely (2002) indiquent qu’une seule séance n’est pas suffisante pour prévenir le TSPT.

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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008