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7. Suicides en grappes
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Les grappes de masse

» » 3.1- Quelles données empiriques appuient l'existence des grappes de masse ?

Ce phénomène a été désigné par Phillips (1974) sous l’appellation de « l’effet Werther » en référence à l’augmentation dramatique  des suicides par arme à feu en Europe suite à la publication de  l’œuvre classique  de Johann Wolfgang von Goethe Les souffrances du jeune Werther (1774). Le roman de Goethe racontait l’histoire d’un jeune homme qui se tue à l’aide d’une arme à feu suite à une peine d’amour.

MAIS

 

DONC, selon les données confirmées par la recherche :

Presse écrite et grappes de suicides

OR

  • une étude, celle de Littmann (1985) met en doute l’existence d’un tel « effet ». Cette étude date toutefois de 1985, n’a pas été reproduite, et s’appuie sur une méthode de recherche très différente des autres études menées sur le sujet.

La majorité des études appuie donc l'influence de reportages de suicides dans la presse écrite sur les taux de suicide.

Nouvelles télévisées et grappes de suicides

TOUTEFOIS

  • une autre étude n'indique pas une telle « influence » (Kessler et al, 1988).  Néanmoins, cette étude s’avérant pour l’essentiel une réplication de la recherche de Phillips et Cartensen (1986), a modifié plusieurs des paramètres d’analyse du cas étudié, pouvant ainsi avoir menés à des résultats non significatifs.

La majorité des études appuient donc l'influence des reportages de suicides réels sur l'apparition de grappes de suicide dans la population, bien que ce phénomène ne soit pas observé systématiquement.

Fictions et grappes de suicides

CEPENDANT

Il semble que « L’effet Werther » dépasse les frontières culturelles, puisqu’il a été observé dans plusieurs cultures, dont en Hongrie (Fekete & Macsai, 1990), en Allemagne (Schmidtke & Häfner, 1988), au Québec (Tousignant et al., 2005), au Japon (Stack, 1996), et aux États-Unis (Phillips & Carstensen, 1986). Cela ne signifie pas pour autant que la culture n’a pas d’impact sur le phénomène.

Conclusions
En somme, qu'il s'agisse de récits de suicide réels couvert par la presse écrite ou dans les nouvelles télévisées du soir, et de récits de suicides fictifs , la majorité des études trouvent un lien entre la médiatisation du suicide et la présence ultérieure de grappes. Par contre, l’ « effet » n’est pas observé systématiquement dans toutes les études.

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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008