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7. Suicides en grappes
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Implication et défis

» » 4.2- Quelles sont les limites des données empiriques concernant l'existence des grappes localisées?

Certaines limites des données empiriques dérivent des méthodes de recherches employées pour documenter les grappes localisées.À cet effet, la recherche s’est appuyée jusqu’à présent sur deux méthodes :

  • Des études de cas dans lesquelles sont rapportées de manière anecdotique des séries de suicides survenues pendant une période délimitée dans le temps au sein d’une communauté. Le plus souvent, l’interprétation des observation est difficile, voir spéculative (Gould, Wallenstein, & Davidson, 1989; Gould, Walleinstein, & Kleinman, 1990), notamment en raison de l’effet du hasard pouvant faire en sorte que deux ou plusieurs suicides se produisent de manière rapprochée dans le temps au sein d’une même communauté, d’un biais de sélection dans les cas inclus dans la grappe, de l’absence de groupes de comparaison, et de tests statistiques, ou encore d’un biais possible du coroner dans ces verdicts lorsque le contexte d’un premier décès et ses causes médicales s’apparentent à d’autres décès subséquents dans la communauté (Hazell, 1993; Gould, Wallenstein, & Davidson, 1989);

  • Des études épidémiologiques s’appuyant sur des techniques d’analyses statistiques pour identifier des grappes de suicide sur la base de données populationnelles sur le suicide en établissant des associations spatiales (un nombre plus élevé de suicide dans un groupe donnée) ou temporelles (un nombre plus élevé de suicides sur une période donnée) d'incidents. Ces études permettent d’identifier des regroupements de suicides au sein de populations sans pouvoir être à même d’en expliquer les causes, d’établir la nature des liens spécifiques entre les individus de la grappe, et de dresser un profil précis des caractéristiques psychologiques et sociales des individus impliqués dans ces grappes.

Une autre limite est associée à un problème de définition du phénomène des grappes localisées. La communauté scientifique qui en fait l’étude ne possède pas une définition standardisée et consensuelle du concept de « grappe de suicides » (Gibbons, Clark, & Fawcett, 1990; Gould et al., 1990; Hazell, 1993). La conséquence en est que les critères d’inclusion des cas de suicide dans une grappe varient d’une étude à l’autre, et limitent ce faisant la possibilité de tirer des conclusions générale sur le phénomène.

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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008