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8. La prévention du suicide et les aînés
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Conclusion – enjeux éthiques et défis en prévention

Dans notre société, la grande majorité des personnes qui meurent, ont un âge avancé et les maladies terminales arrivent généralement tard dans la vie. Le vieillissement est donc associé à la mort puisque c’est à cette étape de la vie que la grande majorité des personnes vont mourir. Les organismes qui essaient de promouvoir le suicide assisté et l’euthanasie ont comme clientèle cible les personnes âgées malades.  Ces organismes suggèrent qu’en vieillissant, lorsqu’on devient malade, on peut faire un choix rationnel de ne pas continuer à vivre et à souffrir. Certains suggèrent que la souffrance à l’approche de la mort est inévitable et qu’il faut mettre fin à nos jours avant que cela nous arrive. Cependant ces conclusions vont à l’encontre des données de recherche sur la situation des aînés en général lorsqu’ils vieillissent.

Au Québec, malgré l’approche de la dernière étape de leur vie, les aînés sont plus satisfaits que tous les autres groupes d’âge dans leurs activités, ils ont moins de problèmes de santé mentale et sont même heureux des soins de santé qu’ils reçoivent. L’image du vieillard isolé, gravement malade et souffrant s’applique à une très petite minorité des aînés au Québec. En plus, la majorité des souffrances des aînés réagissent aussi bien ou  mieux aux traitements que les souffrances des personnes plus jeunes. L’un des plus grands défis en prévention du suicide des aînés est de modifier les stéréotypes négatifs véhiculés sur les aînés dans notre société. Parfois, des aînés eux-mêmes peuvent avoir de tels stéréotypes (généralement concernant les « autres ») et pour cette raison vont faire semblant d’être plus jeunes ou ne pas admettre qu’ils ont un âge avancé. Même si au niveau familial les aînés semblent relativement bien, nous sommes loin de vivre dans une société qui valorise ses personnes âgées. La diminution des stéréotypes négatifs sur les aînés constitue une des méthodes de prévention du suicide qui peut s’avérer fort utile.

 

Implication pour la pratique

 

  • Attention de ne pas trouver « normal » qu’une personne âgée est déprimée ou pense au suicide, même celles qui ont vécu des pertes ou souffrent d’une maladie incurable.

  • Aborder l’idéation et les intentions suicidaires directement en faisant une évaluation du risque et de l’urgence suicidaire de la même façon qu’avec les personnes plus jeunes.

  • Sensibiliser les médecins à l’importance de diagnostiquer et traiter la dépression chez les aînés.

  • Vérifier les effets secondaires des médicaments comme explication possible de la dépression et des « idées noires » des aînés.

  • Déterminer si un aîné suicidaire a accès à une arme à feu et prendre les mesures pour s’en débarrasser si c’est le cas; diminuer l’accès aux médicaments dangereux chez les aînés à risque suicidaire.

  • Porter une attention particulière à l’absence de soutien social et utiliser les ressources communautaires pour briser l’isolement.

  • Appuyer les aînés dans l’utilisation des ressources et mécanismes d’adaptation qu’ils ont utilisés tout au long de leur vie.

  • Ne pas oublier que les aînés répondent aussi bien ou mieux que les personnes plus jeunes aux interventions psychothérapeutiques. se préoccuper de dépister la dépression chez les aînés


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Copyright CRISE 2008, dernière mise à jour: 2 mai 2008